Le territoire du songe (en cours)

En 1834, lors d’une visite à l’Observatoire de Paris, le poète Victor Hugo, découvre la surface de la lune, assistant notamment à un lever de soleil sur le Promontorium somnii, au bout du télescope de François Arago. Vision sur laquelle il va s’appuyer pour affirmer le rêve comme composante essentielle de notre existence. Le récit de cette expérience, a été pensé dans « Le Promontoire du songe », nom d’une des montagnes volcanique lunaire. Il constitue le point de départ d’une profonde méditation sur la poésie et la science, le réel et le rêve.

« Les poètes ont créé une lune métaphorique et les savants une lune algébrique. La lune réelle est entre les deux. »

Avril 2011, gouttes à gouttes l’eau maitrise le feu.
Des souvenirs sont réduits en poussières et les dégâts sont irréversibles. Alors qu’une étincelle suffit pour tout embraser, se reconstruire demande du temps.
De cette brûlure est née le besoin d’un changement et d’un isolement pour mieux se retrouver.
Le début d’une nouvelle quête, d’une prise de conscience, la nécessité de chercher des réponses à des questions existentielles qui ne cessent de prendre corps. Tourner cette page tragique à travers une réflexion sur moi, mon nouvel environnement, mon histoire familiale, celle de mon nouvel amour…
Une introspection en quelque sorte, réalisée à partir de mon intimité quotidienne, témoignage immédiat et trace indélébile de la vie qui se construit, qui naît sous mes yeux attendris de femme devenue mère.
On a tous en tête les images de notre album de famille. Ces images anciennes où le visage d’un ancêtre nous renvoie notre propre image, où les situations sont sujettes à de multiples histoires.
Dans ma famille, point d’albums mais quelques photos accrochées sur les murs du salon ; mes parents jeunes, mon grand père trônant avec ces filles en costume traditionnel. Trace visible de mes origines algériennes. Culturellement le rapport à la photographie est différent. Aucune image de mes grands mères que je n’ai pas connu.
Dans ma belle famille l’histoire familiale s’écrit en photos.
Deux cultures, deux histoires… Confronter celles-ci, plonger dans la mémoire visuelle de nos deux familles pour mieux trouver des réponses à cette nouvelle famille que nous formons aujourd’hui. Besoin de reconnecter le passé pour mieux appréhender l’avenir.
En Lozère où je vis aujourd’hui la nature est omniprésente. Puissante, sauvage, tourmentée, elle rassure autant qu’elle nous saisit. Elle traduit ce trouble intérieur qui m’agite.
Miroir inquiétant, fascinant de beautés embrumées, de blancheur enneigées, de forêts oniriques.
L’âme vagabonde dans les tourmentes de la nature et se raccroche aux branches de la vie. Cette nouvelle vie en charge de famille s’éclaire dans le regard serein d’une petite fille insouciante de l’avenir.